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Full text of "Histoire version roumaine liturgie Chrysostome"

Les versions roumaines 

de la Liturgie 

de St Jean Chrysostome 

par 

Ch Auner 




Article paru dans le recueil 

XPYSOLTOMIKA 

Studi e riserche 

intorno 

A S. Giovanni Crisostomo 

a cura del comitato 

per il XV° centenariodella sua morte 

407-1907 

Roma, 1908 



Les versions roumaines 

de la liturgie 

de saint Jean Chrysostome. 

CH. AUNER 

PROFBSSBUR AU S EM [N AIRE CATHOUQUB DB BUCARBST 



Sommairb: i. Introduction. — Conversion du peuple roumain au chris- 
tianismc. — Passage au schisme grec et a la liturgie slave. — Livres 
liturgiques slaves Iditls en Roumanie. 

2. Dix-septieme Steele. — Premiere version roumaine de la li- 
turgie, faite par Dosithle (Jassy, 1679). — Seconde Edition. — Mis- 
sel slavo-roumain de TModose (Tirgoviste, 1680). — Analyse des 
dites versions. 

3. Dix-Huitieme Steele. — Missel slavo-roumain de Mltropha- 
ne. — Version roumaine d'Anthime (Tdrgoviste, 171 3). — Missel 
slavo-roumain de Gldlon. — Rlimpression des versions roumaines. — 
ArchieYaticon de Czernowitz en Bucovine. — Missel des Roumains 
de la Transylvanie unis a Rome (Blaj, 1756). — Version de Jacques 
(Jassy, 1759). — Missel des Roumains de la Transylvanie slparls de 
Rome (Sibiu, 1798). 

4. Dix-neuvieme Steele. — Renditions. — Missel de Jassy, 1818. 

— Missel des Roumains de Bessarabie (Kischinew, 181 5). — Edi- 
tions de Buzeu, i835; de Jassy, 1845; et de Bucarest, i855 et 1888. 

— Missel de Blaj, 1870. — Critique. 

5. Conclusion., — Comparaison de l'ldition de Bucarest, 1902 
(et de Sibiu, s. a.) avec le Mtxpov Eu^oAoyiov e'dite* par la Propa- 
ganda en 1872. — Missel de Blaj, 1905. 

1. INTRODUCTION. 

C'est aujourd'hui encore une 6nigme que, parmi les 
peuples latins, seuls les Roumains soient de rite grec, 
qu'ils appartiennent k l'Eglise orthodoxe l et qu'ils aient 

1 Nous nous permettons de donner a l'Eglise orientale de rite grec 
sdparee de Rome le nom d' € orthodoxe » qu'elle s'attribue elle-meme. 



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732 CH. AUNBR 



employ6 longtemps la langue slave dans leur liturgie. D 
est vrai que la d6couverte toute r6cente d'une ancienne 
chronique moldave ! , ainsi que les ouvrages de Onciul*, 
ont apport6 quelque lumtere sur cette question. Mais il 
n'en est pas moins sAr que Ton est encore loin d'avoir 
r6solu le probldme, et mSme qu'il est impossible de le 
r6soudre, k moins que le hasard ne nous fournisse des 
sources historiques inconnues jusqu'& pr6sent. 

L'explication la plus autoris6e que les documents 
pr6cit6s permettent de donner au probteme en question 
peut 6tre r6sum6e comme il suit. 

Trajan, aprfcs avoir conquis la Dacie, en peupla la 
plus grande partie , et surtout la Transylvanie k cause 
de ses mines d'or, de nombreux colons. Ce n'6taient 
point des Romains ni des Itales, mais ils n'en 6taient 
pas moins complement romanis6s. On ne saurait ad- 
mettre qu'ils aient 6t6 chr6tiens. II est possible qu'il y 
ait eu parmi eux des chr6tiens, vu que la plupart des 
colons 6taient originates de la Dalmatie et de TAsie 
Mineure. Mais on n'en poss6de aucune preuve, et les 
inscriptions exclusivement paiennes qui nous sont restees 
d^montrent que le christianisme fut loin d'avoir doming 
en Dacie. 

Les successeurs de Trajan ne purent d6fendre le 
pays contre Tinvasion des barbares. L'empereur Aurt- 
lien, au dire de son contemporain Vopiscus, retira 
tous les colons « des villes et des champs » daces, et 
les transporta sur la rive droite du Danube, oil il leur 
assigna les contr6es nomm6es ensuite la Dacie riveraine 
et la Dacie m6diterran6e. Faut-il accepter au sens literal 

1 Cronica anonima, dans J. Bog dan, Vechile cronice moldovcnest, 
p. 1 85 ss. Bucarcst, 1891. 

3 V. surtout D. Onciul, Originile principatelor ro inane, Bucarcst, 1899. 



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LBS VERSIONS ROUMAINBS DB LA LITURGIB DB SAINT JBAN CHRYS. 733 

les r6cits que nous rapporte Vopiscus? Les historiens rou- 
mains ne le croient pas. lis d6fendent avec acharnement 
ce que Ton appelle la continuity des Roumains dans la 
Dacie Trajane. S'ils ont raison, on doit alors n6cessaire- 
ment admettre que les colons en question ont re9U le 
christianisme bien tard. Isol6s avant les temps constan- 
tiniens sur la cr6te des Carpathes m6ridionaux, oil ils 
formaient comme une ile romaine au milieu d'une mer 
barbare, ils ne peuvent avoir entendu la bonne nouvelle 
qu'a la suite du contact r6tabli avec le monde christia- 
nis6 dans Tintervalle 6coul6 ! . 

Bien avant que Trajan et\t colonis6 la Dacie, nous 
rencontrons au sud du Bas-Danube une population ro- 
maine ou romanis6e tr6s compacte, renforc6e encore 
au III e stecle par les habitants de la Dacie qu'Aur6lien 
y a transplants. En M6sie aussi bien qu'en Scythie 
mineure f , le christianisme ne tarda gu6re & se propa- 
ger, et Thistoire eccl6siastique nous a conserv6 les actes de 
beaucoup d'6v6ques et de martyrs de ces contr^es. Mal- 
heureusement toute cette population, diss6min6e sur la 
fronttere de Tempire byzantin, flit la premiere & sou- 
tenir le choc des invasions barbares. Au V e stecle, un 
peuple slave excessivement dense occupait la Roumanie 
actuelle. D'abord les immigr6s y exerc^rent r agriculture ; 
mais plus tard, all6ch6s par la facility de faire du butin 
dans l'empire, ils y p6n6tr6rent presque chaque ann6e 
davantage, mais surtout sous Justinien (527-565). Ils en 
profiterent pour en rapporter chez eux d'innombrables 
captifs des pays limitrophes. L'historien contemporain 

1 On peut consulter sur cette question l'ouvrage cite* de Onciul, et 
& Auner, Cateva momente din inceputurile bisericei romane, Blaj, 1902. 

9 Cfr. les monographies de R. Netqhammer, Das altchristliche Tomi, 
Salzburg, 1903 ; Die christlichen Alterttimer derDobrogea, Bucarest, 1906. 



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734 CH. AUNKR 



Procope estime & deux cent mille morts ou esclaves le 
nombre des victimes faites a chaque incursion. Au com- 
mencement du VII C stecle, les Slaves, presses par les 
Avares et les Bulgares, abandonnferent la Roumanie et 
s'6tablirent dans la p6ninsule balkanique. C'est alors 
qu'y disparut la derntere trace de l'616ment latin, dont 
nous trouvons ensuite la plus grande partie au nord 
du Danube ! . 

Si Ton veut ne pas voir dans les captife des Slaves 
et dans ces 6migr6s les seuls ancStres du peuple rou- 
main, du moins faut-il reconnaitre que, par une immi- 
gration aussi 6norme, les colons de Trajan virent sauv6 
leur caractfere latin, s6rieusement menac6 par le contact 
s6culaire avec les Slaves. Bien plus : il n'y a que ces 
immigr6s qui puissent avoir converti leurs co-nationaux 
& la religion chr6tienne. En effet, les termes fondamen- 
taux du christianisme, chez les Roumains. 6tant exclusi- 
vement latins, seuls des Romains ont pu leur prScher 
TEvangile. On doit m6me admettre que les nouveaux 
immigr6s et leurs convertis 6taient de rite latin, car 
autrement on ne saurait expliquer des mots liturgiques 
roumains tels que: sant (saint), preot (prStre), biserica 
(basilique, 6glise), altar, duminica, rugaciune (oraison), 
cuminecare (communion), Dumne\eu (Dominus, Deus, 
Dieu), cruce } etc. 

Par ce qui vient d'etre dit, le problfeme que nous 
nous sommes pos6 au commencement de ce chapitre 
n'en est que plus compliqu6. C'est qu'il a fallu un facteur 
Stranger & la nationalit6 roumaine pour lui imposer le 



1 Cfir. l'ltude tres intlressante de R. Rosetti, Invaziunile Slavilor in 
peninsula balcanica, dans la Revista noua, II, p. 337 sq. Bucarest, 1889. 



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LES VERSIONS ROUMAINBS DB LA LITUROIB DB SAINT JEAN CHRYS. J 35 

rite grec. Ge facteur a 6t6 le peuple bulgare. NouS ren- 
controns ces barbares belliqueux, au VII e stecle, aux 
embouchures du Danube, Bientot ils soumirent la Rou- 
manie actuelle non moins que la p6ninsule balkani- 
que. De ce vaste territoire, ils form6rent un empire puis- 
sant, qui atteignit son apogee sous Boris. Latins et Grecs 
se disputerent la chance de convertir ce prince et son 
peuple et de les rattacher & leur patriarcat. Enfin Byzance 
eut gain de cause (870), au prix de reconnaitre le slave 
comme langue liturgique. Les actes ne parlent point de 
cette innovation. Mais l'Eglise grecque n'a jamais pro- 
teste contre la liturgie slave, dont on constate l'intro- 
duction d6s le rfegne de Boris. 

Ce prince employa tous les moyens pour propager 
la nouvelle foi parmi ses sujets. Les Roumains, d6j& 
chr6tiens, durent accepter le rite grec en langue slave, 
et resterent d6sormais soumis au patriarcat de Cons- 
tantinople. Une tradition roumaine, enregistr^e par la 
chronique moldave cit6e plus haut, fait reculer le schisme 
des Roumains aux temps du pape Formose, auparavant 
16gat pontifical auprfes de Boris vers 866. Une autre 
tradition, concordante chez les Roumains et les Bulga- 
res, mentionne la violence dont on usa pour r6primer 
la langue latine et pour introduire la liturgie slave. C'est 
ainsi que le peuple roumain fut acquis A Torthodoxie, 
& laquelle il appartient jusqu'& nos jours, sauf un peu 
plus d'un million de Roumains en Transylvanie unis a 
Rome depuis deux sifccles l . 

La crise pass6e, les Roumains cultivdrent avec beau- 
coup de z61e la langue slave. Sujets politiques des Bul- 
gares slavisms, ouailles spirituelles des 6v6ques de la 

1 Cette question est traitle largement dans Auner, op. cit., p. 75 sq. 



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Bulgarie jusqu'& la fin du XI V c stecle, ils n'employferent 
que la langue bulgare ou staroslave dans leurs chan- 
celleries et 6glises, longtemps m6me aprts avoir constitu£ 
leurs principaut6s ind^pendantes. Les monastfcres rou- 
mains, fond6s et gouvern^s par des Bulgares jusqu'aprts 
la chute de Constantinople, devinrent l'asile des lettres 
slaves. Cest ce qui explique un ph6nom6ne assez 6trange. 
Tandis que la premiere impression de la liturgie slave 
provient de Cettign6, la seconde en a 6t6 faite & T&rgo- 
viste, capitale de la Valachie, en 1 5o8. 

II n'entre pas dans le cadre de cette dissertation 
d'6tudier le texte des livres liturgiques slaves gDrrts en 
Roumanie. Cependant, pour ne pas laisser de lacune 
et pour attirer l'attention des slavisants, nous donnerons 
ici des renseignements sommaires sur Text6rieur de ces 
livres, tr6s remarquables par leur anciennete et la beaute 
de leurs caracteres. 

Cest le moine Macaire qui imprima le missel de 
Targoviste, un volume petit in-quarto de 128 feuilles. 
II est orn6 de grosses initiales et xylographies origina- 
tes, les lettres sont grandes et les rubriques imprim£es 
en rouge. La liturgie de saint Jean Chrysostome y oc- 
cupe les feuilles 12 A 5j. II s'en trouve plusieurs exem- 
plaires k TAcad6mie roumaine ! . 

Le second missel slave imprim6 chez les Roumains 
est celui de Brasov en Transylvanie. On le doit & Ser- 
ban, fils du diacre Coresi, ce dernier c616bre typography 
qui nous a laiss6 un nombre considerable de livres re- 
ligieux de toute sorte. Imprim6 en 1 588, ce missel forme 



1 Bibliografia romanesca vcche, publile par /. Bianu et N. Hodos, 
1. p. 1 ss. Bucarest, 1898- 190 3. E. Picot, Coup d'oeil sur l'hist. de la 
typographic dans les pays roumains au XV1« siecle, Paris; 1895; p. 10. 



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LBS VERSIONS ROUMAINKS DK LA UTURG1B DB SAINT JEAN CHRYS. j3j 

un volume in-quarto de io5 feuilles, qui contiennent 
de la i5 e & la 53 e la liturgie de saint Jean. Les lettres 
sont plus grandes, mais moins jolies que celles de Tar- 
goviste. Les rubriques sont tir6es en rouge. On connait 
un seul exemplaire de ce missel, conserv6 dans la bi- 
bliothfcque m6tropolitaine (unie) de Blaj en Transyl- 
vanie. 

Un troisteme missel slave, dont on ne poss6de qu'un 
exemplaire incomplet a l'Acad6mie roumaine, est con- 
sid6r6 comme provenant du mfime atelier de Brasov 
vers la fin du XVI e stecle. Les lettres, noires et rouges, 
sont tr6s grandes et semblables & celles de l'6dition pr6- 
c6dente. Le texte est assez mutil6 et les rubriques sont 
r6duites aux titres des oraisons et A T indication des 
personnes qui les rtcitent. II n y a point de pagination. 
Du reste, il y manque beaucoup de feuilles, comme 
par exemple les premieres de la liturgie de saint Jean ! . 

En 1646, l'archimandrite Jean imprima au monas- 
t6re de Deal pr6s Targoviste un quatrteme missel slave, 
toujours in-quarto, en noir et rouge. II contient 270 feuil- 
les orn6es de plusieurs xylogravures , dont une repr6- 
sente saint Jean Chrysostome. On en trouve des exem- 
plaires au Mus6e d'antiquit6s a Bucarest et dans les 
biblioth6ques publiques de S. P6tersbourg et de Mos- 
cou *. 

Dans la susdite bibliothfeque de S. P6tersbourg se 
trouve encore un cinquteme missel ou Sloujebnik slave 
incomplet, imprim6 k Tfirgoviste en la m6me ann6e, 1646. 
C'est toujours un volume in-quarto, caractSres noirs 
et rouges, contenant plusieurs vignettes. On en doit l'im- 



1 Bibliografia, I, 99-102. Picot, op. cit. p. 1 5— 16. 
1 Bibliografia, I, i52-i55. 

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pression a P. Stanciovici et R. Stoicovici, typographies 
d'ailleurs inconnus l . 



2. DIX-SEPTlfcME SlfcCLE. 

Nous approchons de la fin du dix~septi6me stecle 
et nous n'avons pas encore rencontr6 de missel en lan- 
gue roumaine. II est vrai que, jusqu'alors, on avait traduit 
en roumain tous les livres rituels; mais on n'avait pas os6 
toucher k la liturgie pour ne pas transgresser Tancienne 
tradition des trois langues saintes, auxquelles 6tait venu 
s'ajouter le staroslave. Cependant les Roumains res- 
sen taient le besoin imp6rieux de se servir & l'6glise de 
leur propre langue. Nous avons dit plus haut que les 
premiers monasteres roumains avaient 6t6 fond6s et gou- 
vern6s par des Bulgares. Apr6s la chute de Constanti- 
nople, bon nombre de moines grecs se reiiigterent dans 
les principaut6s roumaines et ne tardfcrent point £ y 
supplanter les Bulgares. Ainsi les connaisseurs du slave 
disparaissaient insensiblement, sans que le grec eut eu 
le temps de se r6pandre. Dans la seconde moitte du 
XVII C stecle, le clerg6 qui, & quelques exceptions pr6s, 
occupait toutes les paroisses, avait oubli6 le slave et 
n'avait pas appris le grec. II fallait done introduire la 
liturgie roumaine. 

C'est Dosith£e (Dosoftei), m6tropolitain de Moldavie, 
qui, pour la premiere fois, traduisit les liturgies grecques 
en roumain et en publia la version & Jassy, en 1679. 
II se vit oblig6 de d6montrer d'abord, en guise d'avant- 
propos, par de nombreuses citations tir6es de l'Ecriture 
et des saints P6res, qu'il n'est pas d6fendu de dire la 

1 Ibid., p. 1 58. 



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LBS VERSIONS ROUBIAINBS DB LA LITUROIB DK SAINT JRAN CHRtS. 789 

messe en langue vulgaire. Suivent la prothfcse et les 
trois liturgies, dont celle de saint Jean sur 36 feuilles, 
num6rot6es s6par6ment. Le tout forme un volume 
in-quarto de 101 feuilles, imprim6es en caracteres noirs 
et peu jolis. Le travail est n6glig6, les pages sont con- 
fondues et r6p6t6es, texte et rubriques se suivent sans 
nouvel alin6a. L'Acad6mie roumaine en poss6de un 
exemplaire ! . 

Passant maintenant & l'6tude du texte de la liturgie de 
saint Jean, nous remarquerons que Toriginal grec traduit 
par Dosith6e n'est certainement pas celui de Ducas de 
Crfcte, public par les Xynoridi 2 , en 1570 par Morelli, 
en 1612 par Savilius et dernterement par Migne (Patrol, 
graeca, tome LXIII). La grande ressemblance que nous 
trouvons entre la version roumaine et les 6ditions v6ni- 
tiennes de YE\r£ok6ftov t<1 (J^ya, officiel pour les Eglises 
d'Orient, nous oblige & chercher l'original employ^ par 
Dosith6e dans une edition du dit euchologe ant6rieure 
& celle de rXuxus en 1691. Du reste, la version rou- 
maine est assez libre et n'a gu6re pu s'6manciper de 
la liturgie slave en usage. Si Dosith6e a tenu & 6tre 
assez exact pour ce qui concerne le texte & r6citer, il 
n'a point cm devoir user des m£mes 6gards pour les 
rubriques, qu'il a abr6g6es et stylis6es £ son gr6. 

Pour avoir un terme fixe de comparaison, tant pour 
la version de Dosith6e que pour toutes les suivantes, nous 

1 Bibliografia, I, 222-225. 

* Divinae missae S. Joan. Chrys. exemplaria duo, Venetiis 1 644. Nous 
faisons abstraction complete du second exemplaire de la liturgie, public 
dans cette meme Edition, le fameux codex Erasmi, reproduit par Ducaeus, 
tome IV, Paris 1623. Les traducteurs roumains ne s'en servirent jamais. 
C'est a la bibliotheque du slminaire central de Bucarest que nous avons 
pu consulter l'ldition des Xynoridi, grace a l'amabilite' du directeur, le 
T. R. P. Popesco-Mosoaia. 



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740 CH. AUNER 



nous servirons de la liturgie de saint Jean Chrysostome 
publtee & Rome par la Propagande en 1872 l . Cette 
edition a l'avantage d'etre & la portee de tout le monde, 
et offre avec les versions roumaines moins de diver- 
gences que toute autre, puisqu'elle est r6imprim6e sur 
l'edition v6nitienne de Th. D6m6trios en 1777, dont le 
contexte est reste presque comme st6r6otyp6 depuis 
le XVH e stecle jusqu'a nos jours. D'ailleurs ce n'est 
pas ici le lieu de citer toutes les differences et de faire 
une 6tude A fond de la liturgie roumaine. II suffira de 
signaler les variantes les plus caracteristiques et la ma- 
nifere plus ou moins heureuse dont certains mots grecs 
ont 6t6 traduits en roumain. Mais il importe de noter 
d6s £ present que nous ne trouverons pas de divergences 
donnant lieu k une accusation de faux. II s'est bien trouv6 
parmi les orthodoxes des editeurs qui, pour se debar- 
rasser de certains arguments invoqu6s en faveur de 
la primatie papale, du purgatoire et d'autres dogmes, ne 
recurrent point devant des alterations du texte dans 
les M6n6es et dans d'autres livres rituels. Mais personne 
n'a os6 toucher a la liturgie, et si Ton voit accentu6e 
une difference avec l'Eglise catholique, par exemple a 
la consecration ou & T6picl6se, elle n'est pas due a une 
variation du texte liturgique. 

La version de Dosith^e commence par Toraison de 
la proth6se, tout comme l'6dition de la Propagande. 
L'ect6nie pour le prince mentionne : Jean N., vo'ievode, 
N. sa dame honor ee et sesfils aimant Dieu. II est & noter 
que tous les princes roumains portaient le nom de Jean, 
institution dont Torigine est encore mattere & controver- 
ses. Quant au patriarche dont on fait la m6moire apr6s 

1 Mtxpov Eu^oXoytov, Edition quasi-officielle pour les Grecs unis. 



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LBS VERSIONS ROUMAINBS DB LA LITURQIB DE SAINT JBAN CHRYS. 74 1 

l^pictese, Dosith6e lui d6die la formule suivante : A N. 
saint en tout et patriarche du monde entier (oecumenique) , 
notre Pere et Seigneur. Quil pipe beaucoup dtanneesl 

Un passage des plus singuliers dans la liturgie grecque 
est l'invitation que le diacre adresse au peuple a la 
petite entree, et le prStre £ l'6vangile, invitation dont 
on a deux variantes: Eoyta, 5p0o(, ou bien: Soyia 6p0f). 
La premtere se trouve dans les editions de Venise, la 
seconde dans Morelli. Les versions roumaines oscillent 
jusqu'& nos jours entre ces deux formes: Apec sagesse, 
tenons-nous debout l , ou bien: Sagesse praie. Dosith6e 
a concilia les deux lectures; il a adopts la premiere 
pour l'6vangile, la seconde pour la petite entree. 

La rubrique pour le chant du Trisagion fait la men- 
tion tr6s rare du trikirion et du dikirion, c'est-&-dire du 
chandelier a trois ou a deux bougies ; on y explique 
aussi que c'est le symbole de la sainte Trinit6 et des 
deux natures en J6sus-Christ. 

Pendant les prteres pour les fiddles, Dosith6e fait 
reciter au diacre la grande synapti et non la petite de 
l'ldition romaine. 

Cette derntere edition termine la prtere de la grande 
entree: 'O eua^^wv 'Iwity, par la proposition: iXXa 
Tptfj(jL£po;, etc. La version de Dosith6e est la seule ver- 
sion roumaine qui contienne ce passage. II y est ajout6 
une quatrteme prtere facultative que nous n'avons plus 
rencontr6e ailleurs: En pous immolant sur la croix, 6 
Christ, la torture a ete abolie et la puissance de iennemi 
a ete foulee aux pieds. Car ce nest ni un ange, ni un 



1 Beaucoup de traductions, dans cette ^tude, sont emprunt^es a Tex- 
cellent opuscule du P. C. Charon : Les saintes el divines liturgies... en 
usage dans TEglise grecque catholique orientale. Paris, Picard, 1903. 



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homme, qui nous a sauves , mais pons seui Gloire a 
vous ! 

Au symbole nous trouvons pour la premiere fois 
la version: Sous Pilate du Pont (ex Ponto), faute cor- 
rig6e seulement dans les dernteres editions de la liturgie 
roumaine. Quant au mot: xa0oXix-/)v, Dosith6e le traduit 
par : synodale, en roumain : sobornica^ d'aprfes le slave: 
C0E6pH8H>. Ce terme se maintint jusqu'aux versions rt- 
centes qui ont adopts le mot: catolica ou catoliceasca. 

A la consecration, les rubriques tr6s significatives 
que nous allons rencontrer dans d'autres versions sont 
remplac6es par la formule laconique : Et le diacre lui 
montre avec I'orarion. Du reste, la rubrique de l^dition 
romaine n'est pas non plus tr£s explicite. 

A rgpictese, Dosith6e ajoute a la formule du vin: 
repandu pour la vie du monde. 

Les deux longues oraisons pr6paratoires a la com- 
munion: Kiipte, oOx eifxt <k\\o$, et 'O Beds r\\ktiv manquent, 
puisqu'elles ne se trouvent pas dans l'6dition v6nitienne. 

Au point de vue philologique , Dosith6e n'a certes 
pas fait une version qui puisse servir de module pour 
la langue roumaine. D'abord il a conserve les slavismes 
qu'il ne pouvait pas traduire : xaTaJjicoaac; = spodovii - 
cnOAOBHRhin; e0ape<ru7]<Tav?a>v = ingaduit = oyroAAnirt; 
<TuvSo5oXoYoiivTa>v = slavoslovind = C0(MdR0(M6fU4JHX r b; euat(te; 
= blagocestivii = KWOYecTHRhU. En g£n£ral, Dosithte est 
encore doming par le lexique slave. Non seulement il 
en a adopts une foule de termes, mais il est aussi le seul 
k employer des mots tels que : iscusenia (tentation), 
vraciul (m^decin), istealiaste (gu6rit). Ensuite, la version 
de beaucoup de mots grecs n'est pas heureuse: 91X1*- 
6po>ir(a = om dragostia; ireptwuG&fos = imprejur dvobito- 
riul; <xiv$6vt = prostire. D'autres sont absolument inin- 



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LBS VERSIONS ROUMAINBS DK LA MTURGIK DB SAINT JEAN CHRYS. 743 

telligibles: YjSovafc; = marsaeciuni ; Sj^pavrov = nelegumo- 
sul; (aoXu(J(aoO = imaciunea. Enfin la syntaxe est fort 
maladroite et pr^sente souvent un non-sens : el; tyjv tuW 
£uayY£Xtxci6v aou xY)puYf/.aT<ov xaTavirjatv = intra evange- 
licestilor tale strigari socoteald ; <S>c irapaSctcrou cbpat6T£po$ 
{vtw; xal TcaaiaSo^ itaa^ |3a<nXtxifc avaSdSetxTat Xaf/.- 
up6T6poc; = ca decdt raiul mat friitnos, adevdr si decdt 
camara nuntii, de toatd decia imperateasca, sau ivit mai 
straluminat. 

II serait injuste de diminuer le m£rite de Dosith6e 
a cause des imperfections relev^es dans sa version. Etant 
le premier qui ait os6 traduire le livre rituel le plus 
d6licat, il devait n^cessairement se heurter & des diffi- 
cult^ telles, qu'il serait d6plac6 d'exiger une oeuvre par- 
faite. Du reste, Dosith6e a employ^ aussi beaucoup de 
mots et de tournures disparus de nos jours, mais plus 
propres au caractere de la langue que les inilombra- 
bles gallicismes, qui du roumain vulgaire font parfois 
un veritable jargon fran9ais. 

La liturgie roumaine combla une lacune tr6s sensi- 
ble : en quelques ann6es, l'6dition 6tait 6puis6e. Dosith6e 
lui-mSme se vit oblige d'en faire une seconde Edition, 
toujours a jassy, en i683. C'est une simple r^impres- 
sion du premier ouvrage. Les quelques mots changes 
paraissent dus plutot au compositeur qu'a Tauteur. L'6- 
dition est plus soign6e, le texte et les rubriques sont 
imprimis en noir, et ne se suivent plus en lignes non 
interrompues. Les types apportes de la Russie l ne sont 
gu6re plus beaux que ceux de Jassy; mais ils sont tel- 



1 Pour e'crire le roumain, on se servait jusqu'a nos jours de l'alpha- 
bet cyrillique. Cependant nous n'employons ici que l'alphabet latin. 



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744 CH. AUNKR 



lement petits que Dosith6e a r6ussi k imprimer en 72 
feuilles in-octavo non seulement les trois liturgies, mais 
encore un grand nombre de prteres rituelles. C'est pour- 
quoi on donne k ce livre le titre de « missel et eucho 
loge (slujebnic molitvenic) ». On en trouve un exem- 
plaire k l'Acad£mie roumaine. 

Pendant que Dosith6e s'occupait de la r6impression 
de son missel, Parth6ne, patriarche d'Alexandrie, 6tait 
de passage a Jassy, pour y recueillir des aumones en 
faveur de son Eglise. L'habile m^tropolitain fut assez 
heureux pour obtenir Tapprobation patriarcale de sa 
version et r^duire ainsi au silence ses contradicteurs. 
II ne manqua pas de la mentionner dans la d^dicace 
appos^e a la fin de la liturgie de saint Jean : « Avec la 

benediction de Sa Saintete le bienheureux Parth£ne , 

Pape et Patriarche de la grande cit£ d' Alexandria..., 
juge du monde entier » ! . 

Parmi les adversaires de Dosith6e, m&ropolitain de 
la Moldavie, il n'y en avait pas de plus grand que son 
confrere le m^tropolitain de la Valachie Theodose. Ja- 
loux d6fenseur de la tradition des anc£tres, il crut devoir 
s'opposer au courant cr66 par Dosith6e, et se d6cida a 
imprimer k Bucarest un nouveau missel slave. Cepen- 
dant, pour tenir compte de la situation du bas clergtf, 
il traduisit le typicon, c'est-^-dire les rubriques, en rou- 
main, et, dans une longue preface, il declare ne pas 
avoir voulu toucher au texte liturgique k cause de la 
pauvret6 de la langue roumaine et par d6faut de bons 
traducteurs. Du reste, dit-il, la plupart des fiddles ne 
sont point capables de comprendre la liturgie, merae 
s'ils l'entendent en leur langue maternelle. 

1 Bibliografia, I, 262-263. 



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LBS VERSIONS ROUMAINBS DB LA LITUROIB DB SAINT JBAN CHRYS. J 4$ 

La publication de Th6odose, parue en 1680, est tr6s 
bien r6ussie. C'est un volume in-quarto de 1 38 feuilles, 
imprim6 en noir et rouge avec des caracteres assez 
beaux ! . Mais l'exactitude avec laquelle on y a traduit 
le typicon en constitue le plus grand m6rite. Ce n'est 
plus un r6sum6 arbitraire, comme chez Dosith6e, mais 
une version tr6s soignee. Cependant T6dition v^nitienne 
et les liturgies slaves ne sont pas les seules que Th6o- 
dose ait employees en guise d'original. II s'est guid6 
souvent aussi sur le codex Ducas qu'il connaissait par 
l'6dition de Savilius. C'est ce dont nous nous convain- 
crons en 6tudiant les differences les plus importantes 
entre la version de Th6odose et l'6dition romaine. 

D'abord, l'oraison de la proth6se, en conformity avec 
l'6dition de Savilius, n'est point plac6e imm^diatement 
avant la synapti. A la petite entree, le chant: Vene\, 
adorons, avant les tropaires, n'est pas omis, comme dans 
l'6dition de Rome. Aux ectenies apr6s l'£vangile, il y a 
d'abord la demande pour le prince, puis celle pour l'ar- 
cheveque, ensuite celle pour le patriarche et enfin, ce 
qui est assez 6trange, la demande pour les empereurs et 
les imp6ratrices, unie k celle pour les fondateurs. Suivent 
les ect6nies pour les morts, non imprim6es dans l'eu- 
chologe romain. A 1 'exhortation: 'EitapaTe ?as yjX?OL$, 
lors de la grande entree, Th6odose ajoute d'apr6s Sa- 
vilius: Benisse\ le Seigneur de Sion, createur du ciel et 
de la terre, en tout temps etc. Des trois prteres r6cit6es 
ensuite dans le sanctuaire, il n'y a que la premiere, et 
celle-lsi encore priv6e de sa conclusion : aXXi TptVj- 
aepos, *• t. X. 

Avant le Credo, le pr£tre recite le verset emprunte 
a la liturgie slave, d'aprSs Migne (1. c, col. 91 5) : Je pous 

1 Ibid. p. 230-237. 



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746 CH. AUNER 



aimer ai Seigneur, vous qui etes ma force: le Seigneur est 
ma protection et mon refuge. 

Nous arrivons maintenant aux rubriques de la con- 
secration dont nous avons d6ja relev6 Timportance et 
retendue plus grande que dans Tedition romaine. Elles 
sont emprunt6es au codex Ducas. Nous les reproduisons 
ici: « Ensuite le pretre, en baissant la tele et en elevant 
sa droite avec humilite, benit le pain saint, et dit a haute 
voix: Prenez, etc. Avant de consacrer le vin, le pretre, 
comme il a ete dit plus haut, en elevant sa droite avec 
humilite, benit le saint calice, en disant : Buvez, etc >. 

Apr6s la fraction du pain, nous rencontrons dans la 
version de Th6odose une longue instruction concernant 
cette fraction et la mantere de donner la communion 
au peuple. Cette instruction , r6p6t6e dor&iavant plus 
ou moins exactement dans toutes les versions rouraai- 
nes, ne se trouve point dans 1'gdition de la Propaganda 
Les oraisons pr6paratoires a la communion: Kupte, oux 
eifjit aJjios, et O Oeds r)(Juov, ne sont point reproduces. 
malgr6 leur presence dans Savilius. Par contre on y 
trouve, aprds la commynion du clerg6, la commemo- 
raison de la resurrection en quatre prteres, pass^es de- 
puis 1759 dans toutes les editions posterieures. 

La langue de la version de Th6odose est bien su- 
p^rieure & celle de Dosith6e ; aussi servira-t-elle de mo- 
dule aux editions suivantes. 

3. DIX-HUITlfcME SIECLE. 

Au seuil du XVIIP stecle eut lieu un 6v6nement de 
la plus haute importance pour TEglise orientale. Les 
Roumains de la Transylvanie se d6clar6rent en bloc 
unis au Saint-Stege. II est vrai qu'ensuite la plupan 



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LBS VERSIONS ROUMAINBS DB LA LITUROIB DB SAINT JBAN CHRYS. 747 

d'entre eux retourn&rent k Torthodoxie ; d'abord le 
district de Brasov qui dependait £conomiquement de 
la Valachie, ou l'on £tait fort vex<£ du fait accompli; 
plus tard le patriarche serbe r£ussit, a force d'intrigues 
et d'emeutes, a soumettre k sa juridiction un grand 
nombre de Transylvaniens en les arrachant a Tunion ! . 
De nos jours TEglise roumaine-catholique de Hongrie 
compte 1.200.000 ames, reparties en quatre Eparchies, 
dont la m£tropole est & Blaj. Les Roumains orthodoxes 
y sont actuellement au nombre de 1 .700.000 , group6s 
en trois eparchies, dont un archeveche a Sibiu. D'abord 
ni l'Eglise unie, ni surtout les paroisses repasses au 
schisme, ne sentirent le besoin d'avoir leur propre edi- 
tion des livres liturgiques. Ce n'est que plus tard que 
nous rencontrerons des missels publics & Blaj et a Sibiu. 
En attendant, on employ ait aussi en Transylvanie les 
Editions faites dans les principautes. Nous pouvons 
done reprendre le fil de ces publications. 

La quatri£me version roumaine a ete imprimee en 
1702 & Buzeu en Valachie, par M£trophane, eveque de 
cette ville. Le volume, in-quarto, contient 206 feuilles, 
imprimees en noir et rouge. C'est une reimpression du 
missel de Theodose, avec le texte slave, et le typicon 
en roumain 2 , il contient quelques rares changements 
sans aucune importance. Cependant il faut noter, ce qui 
nous servira plus tard, que, dans les rubriques de la 
consecration, on a oublie de mentionner la benediction 
du pain. Relevons encore parmi les pri6res prepara- 
toires & la communion le Kupie, oOx eijxt aJjtos et le 'O 

1 On peut consulter en cette matiere les ouvrages tres importants 
du chanoine Dr. A. Bunea, surtout: Episcopii P. P. Aron si Dionisiu 
Novacovici ; Blaj, 1902. 

2 Bibliografia, I, 435-440. 



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748 CH. AUNER 



0e6<; TQuitoW, que nous rencontrons bien rarement dans 
les versions roumaines. Le missel en question s6 trouve 
k l'Acactemie roumaine , comme du reste toutes les 
publications £num£r£es dans cette etude, k moins d'un 
renvoi different. 

Nous arrivons maintenant k la cinquieme version, 

TOUTE ROUMAINE, DE TEXTE ET DE RUBRIQUES, qui 1110nt«"e 

deja un degr6 de perfection tel, qu'elle est restee typique 
jusqu'& nos jours. Meme les dernteres editions n'y ont 
apporte que de ieg£res modifications et n'ont presque 
pas touchy a la beaute de la langue. C'est au c6l6bre 
metropolitain de Valachie, Anthime d'Ib£rie (Ivireanul), 
que Ton doit cette version module. Le volume in-quarto 
comprend 2 1 2 pages, imprim6es en belles lettres noires 
et rouges, et orn6es de plusieurs gravures. II fut 6dit6 
k Targoviste en 1713 ! . Pour son travail, Anthime s'est 
regie fideiement sur Teuchologe venitien de 1691; aussi la 
ressemblance avec l'edition romaine est-elle plus grande 
que celle des versions anterieures. Cependant toutes les 
fois que les rubriques de Toriginal grec etaient d'accord 
avec celles de l'edition theodosienne , on n'a fait que 
copier ces dernteres, sauf quelques termes slaves rem- 
plac^s par des radicaux latins, comme p. e. molitva par 
rugaciune. 

Apr6s cette remarque generate, il suffit de noter que 
Tinstruction pour la communion des fiddles est pass6e 
aussi dans la publication d'Anthime, de sorte qu'elle se 
trouvera dor^navant dans toutes les versions posterieu- 
res. Remarquons encore que , probablement par inad- 
vertance, on ne fait plus mention de la benediction sa- 
cerdotale k la rubrique pour la consecration du vin. 



1 Ibid. p. 487. 



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LKS VERSIONS ROUMAINBS DB LA LITUROIB DB SATNT JBAN CHRYS. 749 

Est-ce par rivalit6, est-ce par conviction, toujours 
est-il que c'est maintenant au tour du m&ropolitain 
G£d£on de Jassy de riposter a son confrere de Targoviste, 
et a expier Tinnovation de Dosith6e , en publiant en 
1715, avec la benediction du patriarche Chrysanthe de 
Jerusalem, un missel slave, avec le typicon roumain l . 
Mais il n'a fait que r&mprimer l'gdition de Buzeu telle 
quelle . sans rien changer ni & l'orthographe , ni aux 
abrtviations, ni meme aux fautes. Ce n'est que le com- 
positeur qui a confondu parfois les sons semblables : e 
au lieu de % c au lieu de 3, etc. II semble que les ca- 
racteres de cette Edition soient sortis de la meme fon- 
derie que ceux de Buzeu. 

C'est avec cette publication que finissent les missels 
slavo-roumains et que commencent les r&mpressions , 
toutes en types noirs et rouges, et ordinairement de 
format petit in -quarto. Ainsi la sixteme version, impri- 
m6e & Bucarest en 1728 f , n'est-elle qu'une copie fiddle 
de celle d'Anthime. On croirait avoir devant soi une Edi- 
tion st6r6otyp6e, tellement les lignes et les pages sont 
semblables. Comme les deux tirages sortirent de la meme 
imprimerie, on eut aussi les m£mes caracteres. 

Cinq ans plus tard, Innocent, 6veque de Ramnic- 
Valcea et suffragant de Bucarest, publia un missel cal- 
qu6 sur la meme 6dition-type, avec parfaite concordance 
des lignes. 

En 1741, c'est encore Bucarest qui r66dita la publi- 
cation d'Anthime en la copiant telle quelle. II n'en aura 
pas 6t6 autrement de l'6dition de Bucarest, 1742, dont 
on n'a pas encore retrouvg d'exemplaire 3 . 

1 Bibliografia, I, 497-498. 

2 Bibliografia, II, Bucarest 1905, p. 35. En 1728, Bucarest 6\a\x de'ja 
devenu le siege du me'tropolitain de la Valachie. 

• Ibid. II, 35,48, 55,6i. 



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750 CH. AUNRR 



En 1745, Jacques, Eveque de Radautzi en Bukovine, 
alors suffragant de Jassy, publia la liturgie de saint Jean 
Chrysostome en format petit in-folio ! . Mais cest une 
version de 1" ArchiEraticon , comprenant seulement les 
oraisons Episcopates, interrompues en outre par le rite 
de la consecration du pretre et du diacre. Cest pour- 
quoi son examen n'entre point dans cette Etude. En 1777, 
la Bukovine devint une province autrichienne dont 
l'Eveque fixa sa residence dans la nouvelle capitate, 
Czernowitz (Cernautzi). MalgrE son extreme richesse, 
cette Eglise ne s'est jamais donnE de missel particulier. 
Cest pourquoi il n'en sera plus question dans la suite. 

L'annEe 1747 vit surgir k la fois trois rEimpressions 
fiddles du missel d 1 Anthime : a Bucarest, a Ramnic, et, fait 
assez Etonnant, a Jassy. On trouve les details sur l'ex- 
tErieur de ces Editions dans la Bibliographic roumame \ 

Nous avons comptE jusqu'a prEsent douze Editions 
de la liturgie en langue roumaine. Vers la moitte du 
XVIH e siEcle, en 1756, nous rencontrons enfin la pre- 
miere PUBLICATION DU MISSEL FAITE A BLAJ, POUR LES ROU- 

mains unis 3 . On est singuliErement frappE de constater 
que ce missel n'est qu'une copie mot & mot de Edi- 
tion d'Anthime. On y a meme transcrit dans le Credo 
le mot synodale comme marque de TEglise. Seulement, 
lorsque la version originate prEsentait une lacune, Rdi- 
teur a eu soin de la combler en remontant k la publi- 
cation thEodosienne. Cest ce qu'il fait pour le: Vene\ 
adorons, et Seigneur, sauve\ vos pieux serviteurs, apr& 
la petite entrEe. 



» Ibid. II, 87. 
2 Ibid. II, 98-99. 
• Ibid. II, 1 3 4 . 



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LBS VERSIONS ROUMAINBS DB LA LITURGIE DE SAINT JEAN CHRYS. jS 1 

II est important de nous arreter un moment k la 

consecration. Nous avons d6]k dit que la version d'An- 

fhime ne mentionne plus la benediction du prfitre dans 

les rubriques relatives k la consecration. L'editeur de 

la liturgie de Blaj s'ape^ut de cette omission grave et 

reprit le texte primitif de la version de Th£odose. La 

port6e de cette benediction saute aux yeux. Imm6diate- 

ment avant la forme cons6cratoire, la liturgie nous fait 

assister a la derntere c6ne, ou J6sus benit le pain et le 

vin, en le transsubstantiant en son corps et son sang. Or, 

puisqu'& F6picl6se il y a aussi une triple benediction du 

pretre, rien ne saurait mieux figurer le rapport du r£cit 

6vang&ique et de l'6picl6se a la consecration op6r6e en 

vertu des paroles de J6sus-Christ. 

L'instruction pour la communion des fiddles est un 
peu dififerente de celle des Editions connues. Avant la 
communion il y a aussi les prteres: Kupte, oOx eifxt a£to$ 
et 'O <rhd$ rifxciiv, prises de T6dition de Buzeu. 

Pour ce qui concerne la langue, on s'est born6 k 
traduire en roumain les passages slaves 6chapp6s 9^ et 
1& k Anthime. Ainsi le npeMKApocTh np.!cTH est reproduit 
par: cu intelepciune dreapta, avec sagesse vraie; le mn&tma 
msta par: multi ani, beaucoup cfanne'es. Aucune trace 
de latinisation. 

Apr6s avoir constate que la version d* Anthime 6tait 
acceptee par tout le monde, on est 6tonn6 de trouver 
une Edition, publtee par le m^tropolitain de Jassy, 
Jacques Putneanul, en 1759 ! , qui, tout en suivant pour 
le texte la version cit6e et pour le typicon le missel de 
Th6odose, offre n^anmoins un grand nombre de va- 

1 Ibid. 11, 145. 



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752 CH. AUNSR 



riantes morphologiques et syntaxiques, voir meme des 
differences dans les rubriques. Une partie de ces va- 
riantes est 6videmment arbitraire, mais une autre est due 
& l'euchologe de Venise de 1752. que Ton prit pour 
module dans une mesure plus large que ne l'avait fait 
Anthime. C'est pourquoi la version de Jacques approche 
de l'6dition romaine plus que les versions ant&ieures. 
Ainsi, & F616vation, il n'y a que la rubrique pour le dia- 
cre; absolument comme dans l'edition de Rome. 

Apr6s la communion du sang, il y a une instruction 
pour le diacre sur la mantere de distribuer la commu- 
nion aux fiddles. Ensuite, apr6s V EG^aptcrroOuev, le diacre 
dit en essuyant le calice: Lave{, o Seigneur, les peches 
de ceux qui se trouvent ici, avec votre sang honore, en 
consideration des prieres de vos saints. Suivent les quatre 
prteres de r Edition th^odosienne, traduites en roumain. 
A la fin de la messe, il y a, outre le tropaire et le kon- 
dakion de saint Jean Chrysostome, celui de la Tr6s 
Sainte Vierge. 

Le missel de Jacques a 6t6 souvent copte. Les Edi- 
tions orthodoxes modernes s'en ressentent fortement. 

Les quinzteme et seizteme Editions de la liturgie rou- 
maine ont 6t6 tir6es k Ramnic, en 1759 et 1767. Tandis 
que la premiere n'est qu'une simple r&mpression du 
missel de Ramnic de 1747, et par consequent de la ver- 
sion d'Anthime, la seconde est une reproduction exacte 
du missel de Jacques, public a Jassy en 1759 l . On 
n'a fait que remplacer certains mots et formules slaves 
par leur traduction roumaine, comme il a 6t6 dit pour 
T6dition de Blaj. Une seule fois Tauteur s'est permis 

1 Ibid. II, 146-147, 173. 



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LBS VERSIONS ROUMAINBS DB LA LITURGIB DB SAINT JBAN CHRYS. 753 

de suivre T^dition d'Anthime, & savoir pour l'instruction 
concernant la communion des fiddles, parce qu'elle y 
est en effet plus claire. 

Les sept Editions suivantes sont aussi des r&iiipres- 
sions. 

17. Buzeu, 1769, reproduction fid61e du missel d'An- 
thime. 

18. Blaj, 1775, copie exacte du premier missel de 
Blaj. Belle Edition l . 

19. Bucarest, 1780, r&mpression du missel d'Anthi- 
me. Quelques rares variantes arbitraires. Edition n6glig6e. 

20. Ramnic, 1787, copie exacte, avec la meme pa- 
gination, du missel de Ramnic, 1767, et par consequent 
de la version de Jacques. 

21. Jassy, 1794, reproduction fid6le de cette derntere 
version. 

22. Bucarest, 1797, copie exacte de l'lditionde Ram- 
nic, 1767. Voici done Bucarest adoptant le missel de 
Jassy ! 

23. Sibiu, 1798. Pour la premiere fois TEglise 

ORTHODOXE ROUMAINE DE LA TRANSYLVANIE Se donne Un 

missel. Gouvern6e d'abord, et longtemps, par la hte- 
rarchie serbe, elle n'obtint d'6vfique particulier qu'en 
1784. Le courant nationaliste ne tarda pas & se mani- 
fester par Timpression du missel en question. II n'est 
du reste qu'une copie tr6s exacte de celui de Ramnic 
(1767) ou du missel de Jacques. La publication est tr6s 
belle et soign6e. Les caract6res sont de deux grandeurs. 

1 Nous devons la liste complete des missels roumains depuis 1770 
jusqu'en i83o a l'amabilite' de M. Hodos, collaborates a la Bibliographic 
roumaine, dont la tin ne paraitra que l'annle prochaine. Tous les livres 
cites ici se trouvent a l*Acad£mie Roumaine, et sont de format petit in- 
quarto, imprimis en noir et rouge, sauf indication difteVente. 

48 



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754 CH. AUNER 



4. DIX-NEUVlfeME SlfcCLE. 

Le nouveau stecle commence avec deux Editions 
transylvaines. Tune de Sibiu en 1806, Tautre de Blaj 
en 1807. Ces livres n'existent point dans les bibliothfc- 
ques de Bucarest, et nous n'avons pas eu la possibility 
de les examiner. Mais il n'y a pas de doute que le 
missel public k Sibiu ne soit un caique exact de celui 
de 1798, puisque deux Editions post6rieures des ann6es 
1809 et 1 8 14 continuent k copier le dit missel. Seulement, 
le format est devenu grand in-quarto. 

Les vingt-septteme et trentteme Editions furent pu- 
blics k Ramnic en 181 3 et 1817. Ce sont des repro- 
ductions du missel tir6 dans la meme ville en 1767, 
copie lui-meme de la version de Jacques. 

Au nouveau stecle, on sentit k Jassy le besoin de 
changer quelque chose au missel de Jacques, que tout 
le monde avait d6]k adopts. On le fit dans I^dition 
de 1818, un volume in-folio, imprint fort joliment en 
caract6res de deux grandeurs. D'abord, on rempla9a 
les radicaux slaves par des mots roumains: molitva 
par rugaciune, prestol par masa. blagoslovit par bine- 
cuvantat, etc. De plus, on jugea a propos de donner a 
certaines phrases une autre tournure. Enfin, on chan- 
gea quelques mots par d'autres d'une mantere assez 
arbitraire. En un mot, le m&ropolitain Benjamin Costaki 
fit k l'edition de son pr£d6cesseur Jacques ce que celui-ci 
avait fait k celle d'Anthime. Les differences de contenu 
sont insignifiantes. Elles se r&duisent k 1'amplification 
d'une rubrique et de l'instruction pour la communion 
de plusieurs conc616brants. Citons encore une faute qui, 
provenant de 1' EtfyoXiYtov ii ^iya de Venise, 1759, s'est 
perp6tu6e ensuite dans les versions roumaines jusqu'a 



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LBS VERSIONS ROUMAINRS DB LA LITURGIB DB SAINT JBAN CHRYS. 755 

nos jours : « La plenitude du calice de la foi du Saint 
Esprit », mots recites lorsque le pretre met dans le calice 
le quart de l'hostie. Les mots: du calice sont de trop. 

La version de Benjamin subit encore plusieurs va- 
riations pour se transformer successivement dans les der- 
nteres Editions de la liturgie qui est aujourd'hui en 
usage dans toute la Roumanie. 

La trente-deuxteme edition est celle de Sibiu: un 
volume grand in-quarto public en 1827. C/est une reim- 
pression exacte, page pour page, de l'edition faite en 
1809 dans la meme ville. Avec ce missel, nous ten- 
minons la liste complete des Editions publiees jusqu'A 
Tan i83o. Depuis cette date, le nombre des Editions a 
trop augment^ pour qu'on puisse les prendre toutes en 
consideration. II suffira par consequent d'examiner celles 
qui forment la transition aux editions modernes, et de 
noter les autres au bas des pages dans la mesure oil 
nous avons pu les examiner. 

Mais, avant d'entrer dans ce sujet, fl importe de citer 
un missel interessant a un autre point de vue. Nous 
avons omis k dessein de parler de la vingt-neuvteme 
version roumaine, faite en 1 8 1 5 k Kischinew (Chisineu) 
en Bessarabie, dont on ne connait qu'un exemplaire, k 
la bibliotheque centrale de Jassy. Cette edition presente 
un interet special k cause de sa provenance. La Bes- 
sarabie, actuellement province de la Russie, faisait jadis 
partie integrante de la Moldavie et on y employait sans 
doute les missels publies a Jassy. En 1812, par le traite 
de Bucarest, ce pays tr£s fertile fut annexe k la Russie, 
et Gabriel, que, pendant la guerre, les Russes avaient 
nomme metropolitain de la Moldavie, a la place de 
Benjamin, quitta Jassy pour s'etablir k Kischinew, ca- 
pitate de cette province. A cause de la population en 



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756 CH. AUNER 



majority roumaine, il fallut y tol^rer la liturgie roumaine, 
sauf les modifications r6clam6es par la nouvelle situa- 
tion politique. C'est ce qui donna le jour au missel 
de 181 5. Une Edition post6rieure , de Fan 1837, nous 
apprend que ces modifications 6taient en effet de nature 
purement politique. Le volume petit in-octavo est une 
reproduction du missel de Jacques (Jassy, 1759), & part 
quelques termes plus modernes empruntSs au missel 
de Benjamin et k celui de Buzeu de i835. Mais on y 
a intercal6 Tect6nie pour le « tres saint synode dirt- 
geant », ainsi que celle pour le tsar, la tsarine, et qua- 
torze archiducs appetes par leurs noms avec leur fa- 
mille. En 18 56, le traits de Paris rendit k la Moldavie 
la partie m^ridionale de la Bessarabie. Cependant on 
sentit le besoin, dans la partie rest6e russe, de publier 
une nouvelle Edition de la liturgie de saint Jean. C'est 
toujours un volume petit in-octavo , paru a Kischinew 
en i860, comme simple reproduction du missel de 1837. 
On n'y a change que les noms de la famille imp6riale. 
Enfin, en 1878, le trait6 de Berlin a donn6 de nouveau 
k la Russie la Bessarabie toute enttere, et d6s lors la 
russification de cette province, ou il ny a point 1'ob- 
stacle d'une autre religion, a fait des progrfes tels que 
la liturgie ny est plus c£16br6e qu'en langue slave. Nous 
n'aurons done plus k nous occuper des Roumains ha- 
bitant ces contr^es ! . II en est de meme des Aromans 
ou Koutzo-Valaques qui habitent la Mac6doine et les 
regions attenantes. lis sont soumis au clerg6 grec dont 
ils cherchent k se d^barrasser. 

Le missel de Benjamin re9Ut des variantes tr6s 16- 
g6res, dues k des principes assez ind^cis, lors de sa rt- 

1 L. C. Arbure, Basarabia in sec. xix. Bucarest, 1899, p. 504 ss. 



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LBS VERSIONS ROUMAINBS DB LA LITURGIB DE SAINT JBAN CHRYS. 7$-] 

impression in-quarto & Jassy, en 1834. Nous avons dej£ 
vu que, en 1797, Bucarest avait adopts le missel 
de R&mnic, reproduction lui-meme de celui de Jacques. 
En i835, Buzeu reimprima l'edition cit6e de Bucarest l 9 
sauf des variantes aussi insignifiantes que peu motivees. 
Voild done toute la Valachie f employant le missel de 
Jassy. Dor6navant il n'y aura plus d'autre version pour 
lui disputer la place. 

Cependant, ladite version subit des modifications as- 
sez importantes lors de l'tomoN de jassy de 1845. C'est 
un tr6s beau volume in-folio, imprime en lettres noires, 
rouges et dories, de deux grandeurs differentes. On se 
servit de la version de Benjamin comme de module prin- 
cipal, non sans se r£gler parfois, surtout dans les ru- 
briques, sur l'edition de Buzeu de i835. II est interes- 
sant de constater qu'on a cru pouvoir se dispenser de 
toute collation avec l'edition officielle de Venise (1839). 
Pour ce qui concerne la langue, on a cru devoir tenir 
un compte . tr£s large du courant latiniste qui avait com- 
mence a s'accentuer depuis une dizaine d'annees. C'est 
plutot le typicon que le texte qui s'en ressent. L'instruc- 
tion pour la communion des conceiebrants et des fi- 
ddles est longue et suit un bon ordre logique. Nous la 
retrouvons presque telle quelle dans les editions mo- 
dernes. 

II importe encore de noter cette prescription adres- 
s6e au pr£tre et au diacre, la benediction des deux 
esp6ces k l'epiclese etant achevee : lis sinclinent 3 tous 

1 Reproduce elle-meme a Bucarest en 1 833 , sans la moindre va- 
riante. Aussi Te'dition de Buzeu, i835, fut-elle r£imprim£e dans la meme 
ville, invariablement, page pour page, en 1840. 

* Nous faisons abstraction de 1'eVeche' tout recent d'Arges, fonde* 
en 1797, qui n'a jamais imprime* de liturgie. 

3 Par le mot: « se inchina » on entend aussi en roumain 1'adoration. 



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758 CH. AUMER 



les deux jusqu a terre. Ce complement de rubrique, Stran- 
ger k tout original ancien, se trouve ici pour la pre- 
miere fois dans un missel roumain. Serait-ce par raison 
dogmatique? A la consecration, il n'y a que la rubrique 
tr6s sobre de l'Sdition romaine. 

L'£dition « corrigSe » de Bucarest, i855 l , est encore 
plus radicale dans r&imination des slavismes. Mais ce 
n'est pas la seule correction qu'on ait faite au missel 
de Buzeu, i835. Outre de nombreux changements de 
formes et de syntaxe, il y a aussi difference de contenu. 
Les ect£nies pour les dSfunts sont termin6es par le rite 
suivant, inconnu dans tout autre missel: En heureuse 
dormition, donne{, Seigneur, repos eternel aux antes 
de pos serviteurs defunts dont nous venons de /aire la 
mimoire , et faites-leur une commemoraison eternelle. 
Rubrique: Et Ton chante k Tautel et dans les deux 
choeurs: Commemoraison eternelle! A la consecration, il 
y a les trois rubriques du missel d'Anthime. 

En 1862 *, on r&mprima aussi k Ramnic le missel 
de Buzeu, 1 835 3 . Mais on s'y permit, sinon dans le 
texte, au moins dans le typicon, des variantes, chan- 
gements et mSme additions telles, que Tessai parut trop 
hardi pour servir de module k une autre edition 4 . 

Les versions modernes, rest£es ensuite typiques et 
employees dans toute la Roumanie, commencent avec 

1 Bibliotheque du s^minaire central a Bucarest. La meme edition a 
e'te' reproduite telle quelle a Bucarest en i858. 

3 En la meme annle, on publia aussi a Bucarest un missel d'apres 
celui de Buzeu, 1 835, avec beaucoup de variantes. Bibliotheque du s^mi- 
naire catholique a Bucarest. 

8 Bibliotheque du se'minaire central. 

4 Citons encore l'ldition du monastere de Neamtu en 1864, repro- 
duction presque invariable de celle de Jassy, 1845. Ensuite, la ^impres- 
sion exacte de cette derniere Edition, publie'e a Jassy en 1868. 



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LBS VERSIONS ROUMAINBS DE LA L1TURGIE DR SAINT JEAN CHRYS. •}$$ 

TtorrioN de bucarest, 1888. Elle est copi6e sur celle de 
Jassy, 1845, bien entendu avec force variantes, surtout 
lexicologiques. On dSpassa m£me la limite admise pour 
la suppression des radicaux slaves, puisqu'on dut y 
revenir en partie dans l'gdition la plus r6cente ! . Au 
Credo, TEglise est dite: catoliceasca. 

En Transylvanie, nous trouvons d'abord une Edition 
du missel a Sibiu, en i835 2 . C'est d6ja la sixteme Edi- 
tion reproduisant exactement, page pour page, le m£me 
original de Ramnic, 1767. 11 n'y a que les temps mo- 
dernes qui ont pu 6branler ce conservatisme a outrance. 
En effet la derntere Edition de Sibiu est, pour ce qui 
concerne le texte, une copie de celle de Bucarest, 189 5. 
On y trouve non seulement, a quelques exceptions pr6s, 
la m£me syntaxe et terminologie, mais encore une faute 
commune tr6s facheuse dans la prtere pour les morts: 
Ca nu nutnai Tu esti far a de pecat (Car vous - le Sei- 
gneur - n'£tes pas le seul sans p6ch6). Du reste il n'a 
pas fallu changer beaucoup le texte primitif pour arriver 
a cette concordance, vu que la source commune des 
deux liturgies est la version de Jacques (Jassy, 1759). 
Quant aux rubriques, leur redaction a 6x6 faite tr6s li- 
brement, de sorte que le sujet seul leur est commun 
avec celles des autres missels. 

Mais aucune Edition de la liturgie roumaine n'a subi 
des variations aussi profondes, au point de vue lexico- 
logique, que celle de Blaj, 1870. Le courant latiniste 
6tait alors a son apogee. Des hommes s6rieux se mi rent 



1 C'est celle de 1902. En 1892, on n'a fait que reproduire rendition 
de 1888. 

3 Bibliotheque du s^minaire catholique. 



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760 CH. AUNBR 



a fabriquer avec des 61£ments latins, et en une ortho- 
graphe horrible, un nouvel idiome qu'ils s'obstinaient 
& regarder pour la veritable langue roumaine. C'est de 
Blaj qu'£tait partie cette direction Strange, patronn6e, 
sans doute avec moins d'exc6s, par le chanoine T. Ci- 
pariu, Eminent philologue. Rien d'&onnant que l'6dition 
du missel en question s'en ressentit fortement. D'abord, 
c'est le premier missel roumain imprim£ en lettres la- 
tines. Puis on ne reconnait le module, missel de Blaj, 1775 
ou 1807, qu'& la succession des parties et au sens com- 
mun. Cela m6nerait trop loin que de vouloir citer tous 
les exemples & l'appui de notre affirmation. II suffit de 
considSrer quelques mots et specimens d'orthographe 
impossible: demanda (porunceste, commandez), bene 
sciresci (binevestesti, euotyyekifas), suscepe (primeste, re- 
9oit) , neinculpata (nevinovata , innocente) , despunato- 
riule 1 (stapane, seigneur); basereca (biserica, 6glise), 
volia (voia, volontS), dein (din, de), liertare (iertare, 
pardon), in-a-ante (inainte, avant), si (si, et), dicundu 
(zicand, disant). 

En passant aux 616ments de la liturgie, nous trou- 
vons d'abord, dans le symbole, pour TEglise, TSpith&e: 
catolica. Pilate est toujours du Pont: Pilatu dein Pontu. 
Imitant les Latins, on a imprimS les deux formules de 
la consecration en lettres majuscules. Les trois rubriques 
qui s'y rapportent ont 6x6 coptees sur l^dition module. 
Apr6s T "Aljiov, le memento pour les vivants et les morts 
est. comme dans l'Sdition romaine, une abr£viation des 
ect£nies que Ton recite avant Toraison pour les cat£chu- 
mfcnes ; elle est emprunt6e indirectement a Migne (1. c, 



1 Ce terme est employe* aussi dans la version de Dosith^e en 1680, 
mais il n'est pas roumain. 



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LBS VERSIONS ROUMAINBS DB LA LITURGIK DB SAINT JBAN CHRYS. 76 I 

col. 917). Pour Tinstruction sur la communion des fiddles, 
on a consult^ aussi le missel de Buzeu, i835. 

5. CONCLUSION. 

Nous terminerons notre 6tude en comparant les 
versions les plus r^centes de la liturgie roumaine, parues 
au XX C stecle, avec l'6dition romaine du petit eucho- 
loge grec. Nous avons d6]k vu que le missel de sibiu 
n'est qu'une copie de celui de Bucarest, 189 5. Par con- 
sequent, tout ce que nous dirons de l'gdition de Buca- 
rest vaut aussi pour celle de Sibiu, a moijis que nous 
n'indiquions le contraire. 

Pour ce qui concerne le texte liturgique du missel 
de bucarest, 1902, il importe de noter que T6dition of- 
ficielle du patriarcat de Constantinople (189 5) n'a 6t6 
consults en aucune fa9on. En effet, le « Comite diri- 
geant la typographic patriarcale » a touchy au texte 
sacr6 en plusieurs endroits, comme on peut facilement 
s'en convaincre. Or, dans le missel de Bucarest, il n'y 
a point de trace de ces changements. D6s lors on n'a 
au fond, dans le dit missel, que les anciennes editions 
v£nitiennes, officielles jusqu'en 1895, ou bien l'Sdition 
romaine de 1872. Nous avons dit au fond, car, depuis 
les deux stecles que nous poss^dons des versions rou- 
maines, certaines differences ont eu le temps de se pr£- 
ciser et de s'af&rmer jusqu'A nos jours. 

Ce sont les ect^nies qui s'en ressentent davantage. 
On y prie pour le tres saint archeveque et m&ropolitain, 
ensuite pour notre tres haut roi aimant le Christ, et Ton 
comm^more la famille royale; on a ajout£ les pillages 
aux villes; enfin e'est ici pour la premtere fois que, 
dans la derntere ect^nie, on n'a pas oublie & Bucarest les 
mots: le danger, celles d'aprds T6vangile ont re9u d leur 



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762 CH. AUNER 



tour des amplifications notables. L'ordre est interverti; 
on a ajout6 & la troisteme les hierodiacres , diacres et 
moines; iSeXywv (rrfc QLyi<z$ fxovf^ TaiiT/)<;) y est traduit 
par paroissiens l , fondateurs et bienfaiteurs - ce qui est 
du reste plus logique -; & la premiere, iifxiou TrpeafJu- 
tipiou est rendu par: nos freres dans le Christ. L'ectenie 
pour le souverain est de la teneur suivante : Nous prions 
encore pous notre tres haut roi aitnant le Christ (on 
commemore la famille royale), pour sa domination } sa 
victoire, sa vie, sa paix y sa sante, son salut et la remis- 
sion de ses peches, et surtout pour que le Seigneur notre 
Dieu lui vienne en aide et dirige sa voie en tout *, et 
soumette a ses pieds tout ennemi et adversaire. Suivent 
les demandes pour les morts omises dans l'6dition ro- 
maine. Avant la seconde prtere des fiddles, il y a quatre 
ect&iies a reciter par le diacre, si le diacre est present. 
A la grande entree, on ne s'est point content^ de Tect6- 
nie g6n6rale, r6p6t6e, et du tcAvtcdv Y)[xaiv amplifte par 
Chretiens orthodoxes 3 , mais on a encore ajout6 cinq au- 
tres comm6moraisons du m&ropolitain, du souverain, 
du clerg6, des fondateurs et, ce qui est bien remarqua- 
ble, du conseil (des ministres), des commandants de Far- 
mee y des maires des villes et toute larmee aimant le Christ 4 . 
Certaines formules imprim^es dans l'ldition de Rome 
ne le sont pas dans celles de Bucarest et de Sibiu. 
Ici, l'oraison de la proth6se ne fait point partie de la 
messe proprement dite. La prtere de la chaire sup6- 
rieure n'a jamais figure dans aucune version roumaine. 
Les mots: psaume de David, r6cit6s par le lecteur a Te- 

1 Manque dans le missel de Sibiu. 

2 Remplace* dans rendition de Sibiu par: lui accorde abondance. 

8 Au missel de Sibiu : Tout notre peuple chretien aimant le Christ. 
4 Cette ect^nie ne se trouve point dans la version de Sibiu. 



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LBS VERSIONS ROUMAINBS DB LA LITUROIB DB SAINT JBAN CHRYS. 763 

pitre, y manquent, k cause de leur omission faite k 
Jassy en 1845. La derntere phrase du 'O eu<x£V)|xu>v 'Ico- 
<xV)p — iXXi Tpf/jfxepo;, etc. — ne se trouve que dans 
la version de DosithSe. A la comm^moraison des morts, 
la formule est abr£g6e : Souvene\-vous de tous ceux qui 
se sont endormis avec iesperance de la resurrection de la 
vie eternelle, et donne\ leur le repos, la oil luit la lumiere 
de votre visage. A T616vation de l'hostie, on a omis Tin- 
vocation : Seigneur, soye^-moi propice, a moi qui suis un 
pecheur. Le mot i^pavrov, dans la formule pour la com- 
munion du diacre, manque dans la version roumaine, 
k la suite de Tinadvertance commise par les 6diteurs 
du missel de Bucarest, 189 5. Manquent les deux longues 
oraisons pr^paratoires k la communion: Ktipie, oOx ei|xt 
a!jto$ et O (")eds Y)|x<dv . 

Par contre. il y a dans le missel de Bucarest beau- 
coup de passages omis dans l'6dition romaine. Ainsi, on 
n'y a point omis le chant k la petite entree : Vene\, 
adorons, etc. A Tencensement qui suit la grande entree, 
le pretre recite les deux derniers versets du psaume Mi- 
serere, et non pas seulement la proposition finale. Avant 
le Credo, le prfitre dit k voix basse: Je vous aimerai, 
Seigneur, vous qui etes ma force; le Seigneur est ma 
protection et mon refuge. Ensuite, les c616brants se bai- 
sent sur les 6paules en disant : Le Christ est au milieu de 
nous, et en rSpondant : II y est et il y sera. Apr6s T6pi- 
cl6se, le diacre se recommande au souvenir du pretre ; 
T&liteur romain a omis de noter la r6ponse : Que le 
Seigneur Dieu se souvienne de vous en son royaume, 
toujours, etc. Avant la communion, le prStre et le diacre 
disent trois fois : Seigneur, soye\-moi propice, a moi qui 
suis un pecheur, puis ils ajoutent: et aye\ pitie de moi. 
Cette addition est particultere a la version roumaine. 



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764 CH. AUNER 



Nous avons d6j& relev6, k dififcrentes reprises, la faute 
singultere: La plenitude du calice de la foi du Saint 
Esprit. L' instruction tr6s longue sur la fraction du pain 
et la communion des conc616brants et des fiddles ne 
se trouve, ni dans l'Sdition de Rome, ni dans celle de 
Constantinople J . La prtere pr6paratoire & la commu- 
nion: Ht<rreiiu>, est amplifi£e par une addition trts belle 
et tr6s pieuse, mais un peu longue; on peut la voir 
comme appendice dans le missel patriarcal (p. 92). Les 
formules pour la communion du pr£tre avec le pr&ieux 
Sang et pour la communion des fiddles sont omises 
dans T^dition romaine; il n'en est pas ainsi dans celle 
de Bucarest. Aprts la communion du clergy, le prttrt 
dit : Lave\, Seigneur, avec votre Sang honore, les peches 
de ceux qui se troupent ici, en consideration des prieres 
de vos saints. 

Suivent trois prteres assez longues en comm£morai- 
son de la resurrection. Nous les avons trouv£es d'abord 
dans le missel de ThSodose (1680). Nous en reprodui- 
sons seulement la premiere: 

Considerant la resurrection du Christ, adorons le saint 
Seigneur Jesus, qui seul est sans peche. Nous adorons 
votre Croix, 6 Christ, et louons et glorifions votre sainte 
resurrection. Car vous etes notre Dieu, hors duquel nous 
ne connaissons point d' autre, et nous nommons voire 
notn. Vene\, vous, tous les fideles, et adorons la sainte 
Resurrection du Christ. Car cest par la Croix quest en- 
tree la joie dans le monde entier. Toujours en benissant 
le Seigneur, nous louons sa Resurrection, car, etant cru- 
cifie pour nous, il a vaincu la mort par la tnort. 

N'est-il pas remarquable de retrouver mot & mot 
dans cette prtere, tir£e de Tof&ce de la Resurrection, 

1 Elle est un peu diftgrente dans le missel de Sibiu. 



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LES VERSIONS ROUMA1NES DR LA LITURGIE DE SAINT JEAN CHRYS. 765 

l'antienne que Ton chante dans TEglise latine le Ven- 
dredi saint: Crucetn tuam adoramus, Domine, e( sanctam 
Resurrectionem tuam laudamus et glorificatnus; ecce enim 
propter lignum venit gaudium in universo mundo? 

Avant les dernteres ect6nies, l'edition romaine a omis 
le chant: Que notre bouche se remplisse, etc. que Ton 
trouve aussi dans les versions slaves, et qui est repro- 
duit par le P. Cyrille Charon (1. c. p. 296-297). 

La conclusion de la messe est tr6s explicite dans le 
missel de Bucarest. Le pretre, apr6s avoir b£ni le peuple f 
s'Scrie: Gloire a pous, 6 Dieu , notre esperance , gloire 
a pous. Le choeur: Gloire au Pere... maintenant... Aye\ 
pitie de nous, trois fois. Benisse{. Le prfitre: Que (Le di- 
manche : celui qui est ressuscite des morts) le Christ, 
notre Dieu peridique, etc. com me dans Migne (col. 922). 
Le choeur: Pour beaucoup cfannees! Suit le Nunc di- 
mittis, trois fois le Trisagion, Tres sainte Trinite *.... Apr6s 
quoi le tropaire et le kondakion de saint Jean Chryso- 
stome, dont le premier se trouve dans l'6dition romaine, 
tous les deux dans Migne (1. c). Enfin, le tropaire de la 
sainte Vierge que nous avons d£j& rencontre dans les 
missels de Th£odose et de Jacques. 

Nous devons encore ajouter que, a Toccasion de la 
r6volte des paysans dans le royaume de Roumanie, au 
printemps de l'ann£e 1907, T6piscopat a present une 
ect6nie sp^ciale apr6s l'6vangile, ainsi que certaines pri6- 
res qui devaient etre r6cit6es a genoux a la fin de la 
messe. Puisque ce supplement n'a qu'un caractere pas- 
sager, nous n'y insistons point. 

Outre les omissions et les additions, il y a encore 
quelques variations de texte entre le missel de Bucarest 

1 Cyrille Charon, p. 74. 



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766 CH. AUNRR 



et celui de la Propagande. Notons d'abord que la le- 
cture: Sopia, bpOoi a complement supplant^, dans toutes 
les versions modernes, celle de Migne : Eo^a bpH k . Dans 
la prtere du cherouvicon, l'edition romaine met itpoaeO- 
^ojxai au lieu de Tzpontp-^o^at. La version roumaine em- 
ploie correctement le verbe venir. Au symbole, l'editeur 
de Bucarest a cm devoir revenir aux versions ancien- 
nes en rempla9ant la designation catoliceasca par sobor- 
niceasca (synodale). II en est de mfeme dans les ect&iies 
pour TEglise. Pilate n'est plus du Pont que pour Y6- 
dition de Sibiu: a Bucarest on l'appelle de son nom: 
Pontiu Pilat. 

Apr6s cette etude assez minutieuse du texte, il nous 
reste peu de chose a dire concernant les rubriques. II 
est vrai que la difference du style et des details est tr6s 
grande entre les quatre editions de Bucarest, de Sibiu, 
de Rome et de Constantinople, mais le fond en est plus 
ou moins identique. Nous ne ferons que deux remar- 
ques. D'abord Tordre de la communion est plus lo- 
gique dans le missel patriarcal : le prdtre et apr6s lui 
le diacre prennent le saint Corps et ensuite le Sang de 
Notre Seigneur. La version de Bucarest et celle de Sibiu 
intervertissent l'ordre pour la communion du saint Corps. 
L'edition de Rome fait la m£me inversion, mais en 
outre, comme nous venons de le constater, on y a com- 
plement omis la communion du Sang par le prStre. 

En second lieu, nous ne pouvons gudre passer sous 
silence I'innovation grave que Ton s'est permise au 
Phanar & regard de la consecration. Pendant que l'edition 
de Rome et les versions de Bucarest et de Sibiu n'y 
ont deja que la seule rubrique pour le diacre, le missel 
patriarcal a supprime celle-l& encore. Qu'il y ait la un 
dessein pr6medite, une rubrique apposee dans ledit mis- 



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LRS VERSIONS ROUMA1NES DB LA LITUROIB DB SAINT JBAN CHRYS. 767 

sel k la fin de T6picl6se le prouve, rubrique par laquelle 
on oblige - par pure invention - les celebrants a faire 
alors trois genuflexions (YovuxXiaias) : rite inoui dans l'E- 
glise orientale. Les versions roumaines ne prescrivent, 
apr6s repictese. que Tinclination jusqu'a terre, introduite 
par le missel de Jassy, 1845. 

II ne nous reste plus k examiner que le missel des 
Roumains unis public & Bi.aj en igo5. L'etude n'en 
sera pas longue, puisque l'editeur de ce missel a eu 
pour principe de se conformer le plus possible a l'Eu- 
chologe romain. Aussi le missel de Blaj n'est-il autre 
chose, tant pour le texte que pour les rubriques, qu'une 
version tr6s fiddle de l'edition de Rome. Si parfois un 
mot ou un passage indifferent des rubriques a 6t6 omis 
ou ajoute, cela parait du plutot a Tinadvertance de la 
redaction. Dans les seuls cas suivants on a cru ne pas 
devoir s'6carter des editions anterieures. 

L'oraison de la prothese se trouve bien avant la 
messe, dans le rite de la proscomidie. La demande pour 
le souverain nomme celui-ci : notre empereur et roi apos- 
tolique aimant le Christ. Dans la derni£re demande, on 
a omis: le danger. On n'a point oublie, apr£s la petite 
entree, le chant: Vene\, adorons etc. Au trisagion, la 
benediction du pretre est amplifiee par : Parce que vous 
etes saint, notre Dieu, et c'est a vous que nous rendons 
gloire, au Pere, etc. L'evangile est suivi d'une ectenie 
pour le souverain identique & celle du missel de Sibiu. 
A la grande entree, il est fait commemoraison du Pape, 
de Tarcheveque, du souverain et des fondateurs, choses 
qui ne se trouvent point dans Tedition de Rome. Le 
Pape est encore nomme a la commemoraison des vivants 
aprts r w A!jiov. La proposition finale du 'O eOaj^piwv 



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r 



768 CH. AUNBR 



'IuxTTiip manque, comme dans le missel de Bucarest. A 
Tencensement qui suit, le pretre recite les deux derniers 
versets du Miserere. Avant le Credo, il y a le rite du 
baiser de paix avec les formules qui s'y rapportent, 
comme dans le missel de Bucarest. 

II importe de noter tout spetialement que, pour la 
consecration, on a conserve les rubriques tr6s explicites 
du codex Ducas, adoptees dej& par la version de Th£o- 
dose en 1680. Mais on a abandonne les lettres majuscu- 
les employees pour la forme du sacrement dans l'edition 
de Blaj, 1870. 

Apr6s T6picl6se, vient la formule par laquelle le 
prStre recommande le diacre au Seigneur, comme dans 
le missel de Bucarest. Toujours en concordance avec 
celui-ci, il n'y a pas, & I'eievation de Fhostie, le chant: 
El; (JoVjOeiav, etc. Ensuite, avant la fraction du pain, une 
rubrique present le chant du kinonikon, omis dans 
l'edition romaine. 

L 'instruction pour la fraction du pain et la commu- 
nion du clerge et des fideies est tr£s Vendue dans le 
missel de Blaj. Dans la prtere pr6paratoire & la com- 
munion, llt<TTcu<o, on trouve, non seulement le beau sup- 
plement ajoute & la version de Bucarest, mais aussi les 
prteres Ktipte et 'O (-)ed<; de V edition romaine. La formule 
pour la communion du pretre avec le saint Sang n'est 
pas omise. A la priere de derrtere I'ambon, on nomme 
de nouveau le souverain. La conclusion de la messe est 
comme dans le missel de Bucarest, sauf le tropaire de 
la tr£s sainte Vierge qui manque. 

Au point de vue philologique , la langue roumaine 
est plus correcte dans le missel de Bucarest que dans 
celui de Blaj. On a suivi ici le courant latiniste qui 
n'a pas meme pour lui l'antiquite, et on y a employe 



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LBS VERSIONS ROUMAINBS D8 LA LITURGFR DB SAINT JBAN CHRYS. 7O9 

des mots tels que : dispunetoriule, dimiti, demanda, jrup- 
teloru, qui ne sont pas roumains. II en est de mfime 
de l'orthographe inusit£e ailleurs : siedi, tienendu, tie. II 
est vrai que la derntere Edition, comparativement & 
celle de 1 870, montre d£j& un grand progrfcs, aussi bien 
en lexicologie qu'en orthographe. II n'en est que plus 
regrettable que Ton se soit arrSt6 & mi-chemin et que 
Ton n'ait pas employ^ l'orthographe roumaine usit^e 
de nos jours partout, mfime en Transylvanie. 

Arrive & la fin de notre £tude, nous ne pouvons 
qu'applaudir k la commission de Blaj, qui, se dSbaras- 
sant des variantes plus ou moins arbitraires introduites 
dans la liturgie roumaine, est revenue & une edition 
datant au moins du XVty e stecle. II est vrai que les 
missels v^nitiens font g6n6ralement montre d'une grande 
negligence, et que, parmi ces editions, celles de Th» D6- 
m&rios (1770-1777) paraissent en avoir le record. Aussi 
est-il absolument nScessaire de les collationner avec la 
publication des Xynoridi, avec les codices les plus an- 
ciens et les autres sources de la liturgie grecque. Mais 
une fois ce travail termini, les Eglises orientales de toute 
langue devraient imiter Texemple donn£ par Blaj, car 
toute autre liturgie ne saurait porter le nom de saint 
Jean Chrysostome. 



49 



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XfTCOCTOHIKX 



STUDI E RICERCHE 

INTORNO 



A S. GIOVANNI CRISOSTOMO 

A CURA DEL COMITATO 
PER IL XV" CENTENARIO DELLA SUA MORTE 






407 




ROMA 

LIBRERIA PUSTET 

Piazza di S. Luigi de' Francesi 

1908. 



I9O7 



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F> 



TAVOLA DELLE MATERIE 



Parte I. 



Proemio P&g> V 

I. 

Sac. Nicola Titrchi, Professore nellc Scuole di Propaganda 

Fide. — La figura morale di S. Giov. Crisostomo. » 3 

II. 

Right Rkv. Dom. E. C. Butler, Abbot of Downside. — 

Autorship of the Dialogus de Vita Chiysostomi » 35 

III. 

R. P. Ambrooio M. Amklli, O. S. B., Priore di Montccas- 
sino. — S. Giovanni Crisostomo anello provviden\ia\e 
tra Costantinopoli e Roma » 47 

IV. 

Prof. Francesco Saratini. — L 9 Opera sociale di San Gio- 
vanni Crisostomo » 61 



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I 142 TAVOLA DKLLE MATER1E 



V. 

Dr. Anton Naegele. — Chtysostomos und Libanios. 

I. Lehrcr und Schuler. - § i. In der Rhctorenschule. » Sf. 

§ 2. Auf der Rcdncrbuhne » no 

II. Rhetor und Homilet 1 1 1 

III. Johanes Chrysostomus und das letzte Wort des ster- 

benden Libanios 5 #8f 

VI. 

P. Giov. Aucher, Mechitarista. — 5. Giovanni Crisostomo 

nella letteratura armena > 14? 

VII. 

P. Constantin Bacha, Rcligicux basilien dc Saint Sauveur 
(Mont Liban). — S. Jean Chrysostome dans la littera- 
ture arabe » i;3 

VIII. 

P. Airemo Pat.mtert, O. S. A. — San Giovanni Crisostomo 

nella letteratura russa > iSo 

IX. 

P. Michel Tamaratt. — Saint Jean Chrysostome dans la 

litterature georgienne » 2i3 

X. 

Prof. Sebastian Hatdacher. — Chrysostomus-Fragmente : 

A. Chrysostomus-Fragmente zum Buche Job. . . . » 217 
Ji. Chrysostomus-Fragmente in der Bricfsammlung des 
hi. Nilus » 220 

XI. 

P. Chrys. Baur, O. S. B. — Der urspriingliche Umfang des 

Kommentars des hi. Joh. Chrysost. \u den Psalmen. * 23? 



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TAVOLA DBLLE MATRRIB I 14^ 



Parte II. 

XII. 

Dom Placide de Meester, O. S. B. — Les origines et les 
developpement du texte grec de la liturgie de S. Jean 
Chrysostome » 

Av'ANT-PROPOS » 245 

PREMIERE PARTIE 
La question de l'ortgine et de l'authenticite 

DE LA MTrTRGIE DE S. JEAN ChRYSOSTOME. 

I. Considerations generales sur les liturgies de By\ance. — 
I, cur classement dans Ic type syrien demontre par les 
relations dc cette ville avec les provinces de la Syrie 
et de 1'Asie Mineure. — Formation d'un rite special 

dans la nouvelle capitale de 1'Empire » 247 

II. De la liturgie de S. Jean Chrys. en particulier. — 
Absence de documents contemporains, a part les don- 
nees liturgiques des homelies du Saint. — Leur valeur. — 
Le canon 32 du concile in Trullo. — Le temoignage 
du pseudo-Proclus. — Sentiments des principaux litur- 
gistes par rapport a l'authenticite de la liturgie. . » 25 1 

III. Le temoignage des manuscrits. — Opinion de Krasno- 
seltzev sur la partie autenthique de notre liturgie . » 2 5q 

IV. Jugement personnel. — La question du remaniement de 
la liturgie de S. Basilc et celle de l'authenticite. — Dis- 
cussion des opinions precedentcs » 262 

V. Conclusions de cette enquete » 268 

DEUXIEME PARTIE 

Les sources de la liturgie de S. Jean Chrysostome. 

I. Les manuscrits. Leur interet pour l'histoire de la li- 
turgie (Observations) » 270 

II. Les traductions latines > 28 1 



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I 1 44 TAVOLA DKLLE M ATERIE 



III. Les editions * 283 

IV. Typika et legislation liturgique » 286 

V. Commentaires » 290 

TROISIEME PARTIE 

Les dkvei.oppemexts du texte orec de la mttrgif. 
de S. Jean Chrysostome. 

Remarque sur la m£thode suivie dans cette partie . . » 296 
I. Preparation : son double point de vue. A. Preparation 
des ministres : Recitation des prieres ; baisement des ico- 
nes; habillement. B. Preparation des oblats ou prothese: 
Les quatre phases de son d£veloppement. ...» 29; 
II. Liturgie des catechumines. A. Transition de la prothese 
au dibut de la messe. B. La double enarxis byzantine. 
C. Ses <H6ments constitutifs : 1. La grande collectc et 
les collectes en g£n£ral; 2. Antiphones; 3. Petit introit; 

4. Trisagion; 5. Lectures; 6. Ectenes; 7. Prtere et renvoi 
des catechum&nes » 3i3 

III. Liturgie des fid&les. Division. A. Rites pr£paratoires. 
1. Prifcres sur les fideles. 2. Grande entree: ses diffe- 
rentes parties. 3. Baiser de paix et recitation du sym- 
bole. B. Anaphore : 1. Eucharistie; 2. R&cit de l'ins- 
titution ; 3. Anamn£se et lipiclese ; 4. Intercession; 

5. Collecte et Oraison dominicale; 6. Actes manuels: 
a) 61<§vation, b) fraction, c) melange, d) z£on; 7. Com- 
munion du pretre, du diacre et des fiddles. C. Conclu- 
sion: 1. Action de graces; 2. Renvoi et conclusion; 

3. Antidoron, ablutions, d^pouillement, etc. ...» ty 
Tableau synchronique des modifications du texte grec de 
la liturgie de S. Jean Chrysostome • 3:8 

XIII. 

P. Giov. Aucher, Mechitarista. — La versione armena della 

Liturgia di S. Giovanni Crisostomo. 

Jntrodu\ione ...» ^9 

Versione armena della Liturgia di S. Giovanni Crisostomo 

fatta sul principio deirVHI secolo » 3;i 



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TAVOLA 1>RLLE MATERIE I 1 45 



XIV. 

R. P. Constantin Bacha, Basilien salvatorien. — Notions ge- 
nerates sur les versions arabes de la liturgie de S. Jean 
Chrysostome, suivis d'une ancienne version inedite. 

Introduction » 405 

Texte arabe » 410 

Traduction franqaise » 442 

Conclusions » 469 

XV. 

P. Cyrille Charon, ancien profcsseur au College stavropi- 
giaque melkite S. Jean Chrysostome a Beyrouth (Syrie). 

— Le rite by\antin et la liturgie chrysostomienne dans 
les patriarcats melkites (Alexandrie - Antiochc - Je- 
rusalem). 

Introduction. — Part prise par les Syriens, Palestiniens et Egy- 
ptiens a la constitution du rite byzantin. — Divisions 
de cette 6tude » 473 

PREMIERE PARTIE 
Adoption nr rite byzantin par les patriarcats melkites. 

Section I. — La liturgie du patriarcat d % Alexandrie. — 1. Au 
quatrieme siecle. — 2. Apres 451 (concile de ChalcS- 
doine). — 3. Destinies de la liturgie alexandrine. — 4. Sa 
byzantinisation progressive chez les Melkites. — 5. Sa 
suppression definitive au debut de treizieme si6cle et son 
remplacement par celle de Constantinople . . . » 477 

Section II. — La liturgie du patriarcat d'Antioche. — 1 . Les 
origines. — 2. Le systeme liturgique de la Syrie occi- 
dentals S. Romanos et S. Ephrem. — 3. La liturgie 
d'Antioche au temps de la scission monophysite et de 
la scission maronite. Formation de deux rites derives 
de l'antiochien pur. — 4. Le rite d'Antioche dans l'E- 
glise orthodoxe (melkite) : sa byzantinisation progressive. 

— 5. Son remplacement par le rite byzantin, au on- 



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1 1 4*> TAVOLA DEIJ.B MATRRIE 



zi£me stecle pour l'office, a la fin du treizi&me pour la 

liturgie de la messe » 485 

Section III. — La liturgie du patriarcat de Jerusalem. — 
1. Longue persistance de la liturgie de S. Jacques. Sa 
reprise une fois par an, & T£poque moderne. — 2. Les 
typica de lEglise de Jerusalem. Le typicon de S. Sabas 
et les Melkites, — Conclusion * 49 5 

DEUXlfcME PARTIE 

HlSTOIRE DLT RITE BYZANTIN DANS l/Eoi.ISE MEI.K'ITE. 

Division de cette partie * 498 

Section I. — Periode syro-by^antine, du A v au XVII* Ste- 
ele. — 1 . Emploi fait par les Melkites du syriaque dans 
leur liturgie. L'ecriturc syro-mclkite. Balsamon ct la li- 
turgie syro-byzantine. — 2. Enumeration des manuscrits 
liturgiques syro-melkites conserves dans les biblioth£que> 
d'Orient et d'Europe. — 3. Conclusions it tirer de cette 
enumeration et des remarques y annexees. Une famille 
de copistes: Macaire, eveque de Qara, et les siens. — 
4. Introduction graduelle de la langue arabe dans la 

liturgie melkite » 400 

Section II. — Pdriode arabo-by^antine, du XVI I e sidcle a 
nos jours. — 1 . La recension manuscrite de MelZce d'Alep. 
Enumeration des livres rcvus par lui: StichSraire, Litur- 
gicon (codex du College grec de Rome), Horologe, Eu- 
chologe, (codex arabe 618 du Vatican), Synaxaire. La 
transcription du grec en lettres arabes chez les Melki- 
tes. — Conclusion : caractere de la revision de M£lece. 
Parallel e avec la revision slavo-russe du patriarche Xicon. 
Disparition du syriaque de la liturgie melkite; son rem- 
placement definitif par I arabe. — 2. Les editions impri- 
mees. — A. Liturgicon: 1) Liturgicon d'Athanase IV, 
1701 : ses sources. 2) Liturgicon de la Propagande, i83q. 
3) Liturgie de S. Jean Chrysostome, Rome, 1839. 4) Li- 
turgicon de Vienne, 1862. 5) Liturgie de S. Jean Chry- 
sostome, Vienne, 1862. 6) Liturgie de S. Jean Chryso- 
stome, Choueir, 1880. 7) Liturgicon de Beyrouth, 1899. 



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TAVOLA DELLE M ATER1E I ! 47 



8) Liturgicon de Beyrouth, 1901. 9) Liturgicon melkite 
orthodoxc, Jerusalem, 1907. 10) Tableau d'cnsemble. 
1 1) Livres pour servir la messe priv6e. — B. Les autres 
livres : \ ) Epitres. 2) Evang61iaire. 3) Horologe. 4) Psau- 
tier. 5) Triodion et Pentecostarion. 6) M6n6es. 7) Syna- 
xaire. 8) Proprieties. 9) Paracl&ique. 10) Kuchologc. 
11) Typicon. 12) Livres de chant. i3) Livres pour les 
fidelcs » 524 

TROISIEME PARTIE 

Pratiote nr rite byzantin daxs les patriarcats melkites. 

Section I. — La langue liturgique. — 1 . Rapports de cette 
question avec lethnographie. — 2. Dans le patriarcat 
d' Alexandria — 3. Dans les patriarcats d'Antioche et de 
Jerusalem, durant les dix premiers siecles: grec et sy- 
riaque. — Durant la p£riode syro-byzantine : syriaque ; 
oubli presque entier du grec. — 5. Durant la periode 
arabo-byzantinc : larabe langue fondamentale, le grec 
n'etant que subsidiaire. Larabe seul employe dans les 
livres melkites: exception pour le liturgicon; raisons. — 
6. Serait-il possible de supprimer larabe dans la liturgie 
melkite ? — 7. Larabe est-il seulement tolere, ou for- 
mellemcnt approuv£ pour le rite byzantin ? . . . » 637 

Section- II. — Les ceremonies et le chant. — 1 . Les cere- 
monies : n£cessit£ de faire un ceremonial uniformc pour 
toutes les Eglises catholiques de rite byzantin. Absence 
complete d'un pareil livre chez les Melkites: consequen- 
ces. Travaux des Peres Blancs du S6minaire de S. Anne 
de Jerusalem : le Cours de liturgie du R. P. Couturier. 
— Le chant : Principe g£n£ral : influence des musiques 
turque et arabe sur la psaltique byzantine. Application 
aux Melkites : le principe confirm^ par les faits. Les 
Principes de psaltique du R. P. Couturier. Recueils de 
melodies melkites » <>5i 

Section- 111. — Les offices propres. — Remarques prelimi- 
naires. 1. Fete des S lcs Reliques. — 2. Anciennc v£n£- 
ration de la S tc Lance de X. S. — 3. Fete de la Visi- 



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! 1 48 TAVOLA DELLE MATERIE 



tation. — 4. Fete du T. S. Sacrement. — 5. Le culte 
du Sacre C Eur chez les Melkites. — 6. Fete de S. Jo- 
seph au ic) mars. — 7. La fete dc nmmacul6e Con- 
ception •> 65o 

Section IV. — Les particularity rituelles. — Division. — 
A. Particularity ancicnnes. — B. Particularity actuelles, 
relatives aux ordinations (1-3), a Toffice divin en g£n£- 
ral (4-6), a la liturgie de la messe (7-16), a la liturgie 
pontificate (17-19), aux priircs pour les morts (20-21), 
a l'annle liturgique (22-32), aux sacrements et aux of- 
fices de circonstance (33-37). — ^ c st . v ' e architectural 
melkite » 672 

Section V. — Glossaire liturgique melkite, arabe-grec- 

francais » 6<>S 

Section- VI. — L' influence du rite remain. — Objection des 
orthodoxes : la latinisation. Existc-elle chez les Melkites ? 
Explication de quelques infiltrations et projet dadap- 
tations • 702 

Section VII. — Les ecrivains Uturgiques melkites. — 1. Le 
P. Joachim Moutran, B. C. (f 1772). — 2. Mgr Ger- 
manos Mo'aqqad, m£tropolite titulaire de Laodic6e. — 
3. Anonyme. — 4. Le P.'Id » 707 

Conclusion* de toute cette etude : Vreux relatifs a la liturgie 

chez les Melkites catholiques * 710 

Addenda et corrigenda » 



/ 



XVI. 

H. W. Codrinoton. — Liturgia praesanctificatorum syriaca 
S. loan n is Chrysostomi. 

Introductio » 719 

Textus » 721 

Versio » 725 

XVII. 

Ch. Auner, Professeur au seminaire catholiquc de Buca- 
rest. — Les versions romaines de la liturgie de saint 
Jean Chrysostome. 
1. Introduction. — Conversion du peuple roumain au 



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lWOl.A DKLLE MA I BRIE 1 1 49 



christianisme. — Passage au schisme grec et a la liturgic 
slave. — Livres liturgiques slaves edites en Roumanie. » 7'$ 1 

2. Dix~septi£me stecle. — Premiere version roumaine dc la 
liturgie, faite par Dosith£e (Jassy, 1679). — Seconde edi- 
tion. — Missel slavo-roumain de ThSodose (Targovi- 

ste, 1680). — Analyse des dites versions . . . . » 738 

3. Dix-huitiime sidcle. — Missel slavo-roumain de Metro- 
phane. — Version roumaine d'Anthime (Targoviste, 
1713). — Missel slavo-roumain de Gedeon. — Reim- 
pression des versions roumaines. — ArchieYaticon de 
Czernowitz en Bucovine. — Missel des Roumains de la 
Transylvanie unis a Rome (Blaj, 1756). — Version de 
Jacques (Jassy, 1759). — Missel des Roumains de la 
Transylvanie separes de Rome (Sibiu, 1798) ...» 746 

4. Dix-ne uv iime sidcle. — Renditions. — Missel de Jassy, 
1818. — Missel des Roumains de Bessarabic (Kischi- 
ncw, 181 5). — Editions de Buzeu, 1835; de Jassy, 1845; 
et de Bucarest, 1 855 et 1888. — Missel de Blaj, 1870. 

— Critique » 704 

5. Conclusion. — Comparaison de l'edition de Bucarest, 
1902 (et de Sibiu, s. d.) avec le Mixpov Eu^oXdyiov edite 

par la Propagande en 1872. — Missel de Blaj, 1905. » 761 

XVIII. 

Dr. Anton Baumstark. — Die Chrysostomosliturgie und die 

sjvische Liturgie des Nestories. 

Vorwort » 771 

1. Zur Orientierung » 777 

2. Das Anaphorische Dankgebet » 787 

3. Der konsekratorische Gebetkreis » 808 

4. Das anaphorische Filrbittengebet » 824 

5. Endergebnisse. Die dogmatisch tenden\iosen Retou- 
chen v 844 

XIX. 

P. Alexandre Petrovski. Histoire de la redaction slave de la 

liturgie de S. Jean Chrysostome (Traduit du russe). 
Introduction : Similitude du processus de developpement de 



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I I 5o TAVOLA l>EI,LE MATERlK 



la liturgie chrvsostomienne dans l'Eglise grecque et dans 

l'Eglise russe jusqu'a la rSforme de i656. ...» <S5o 

1. La liturgie du XII e sidcle . * 862 

II. La liturgie du XIII* sidcle » 872 

III. La liturgie du XIV e sidcle: la redaction indigene ct la 
redaction de Philothee » 870 

IV. Modifications subies par la redaction de Philothee aii 

XV C siicle * 890 

V. La liturgie du XV I e siecle » 91 5 

Conclusion » 928 

XX. 

Iosehhl's Bocian, studiorum praefectus in rutheno catholico 
seminario Leopoliensi. — De modificationibus in textu 
slavico liturgiae S. Ioannis Chrysostomi apud Ruthe- 
nos subintroductis. 

Praefatio » 929 

I. De modificationum historia. — Duo exempla proferun- 

tur et explicatur eorum origo » (j3o 

II. De ipsis modificationibus. — Praecipuae fontes biblio- 
graphicae exhibentur necnon liturgiarum editiones quae 
eas continent » 943 

III. De modificationibus in proscomidiae ritu subintro- 
ductis » i)5i 

IV. De modificationibus in liturgiis catechumenorum et fi- 
delium » 955 

Epilogus » 969 



Parte III. 

XXI. 

P. Elie Batarckkh, du clerge patriarcal melkite d'Antioche, 
Secretaire de S. B. le patriarche Cyrille VIII GeTia. — 
Discours incdit sur les Chaines de S. Pierre, attribue 
d S. Jean Chrysostome. 

Introduction > 97J 

Texte » 979 



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TAVOLA UELLK MATERIE 1 I 5 I 



XXII. 



H. Kellner, Professor in Bonn. — Die Verehrung des hi. 
Iohannes Chrysostomus im Morgen — und Abend- 
land » 1007 

XXIII. 

Prof. Wlscher- Becchi. — Saggio d* iconograjia di S. Gio- 
vanni Crisostomo » t o 1 3 

XXIV. 

Prof. Wuescher-Becchi. — Saggio d'iconograjia di S. Gio- 
vanni Crisostomo » 1 1 1 3 

XXV. 

t P. Ant. Rocchi, O. S. B. M. di Grottaterrata. — Lipsa- 
nologia o Storia delle lieliquie di S. Giovanni Criso 

stomo » io3ij 

I. Breve cenno sulla vita e pre\iosa morte di S. Gio- 
vanni Crisostomo; e prodromi di sua gloria postima. » \ 045 

II. Trasla\ione del corpo a Costantinopoli . . . . » \obj 

III. // corpo di S. Giovanni Crisostomo in Constantinopoli: 

e primi donation i di sue reliquie di lafatte dai Greci. » 1071 

IV. Diffusione delle reliquie di S. Giovanni Crisostomo per 
rOccidente » 1087 

V. // corpo di S. Giovanni Crisostomo in Roma al Va- 
ticano » 1 1 02 

VI. Solenne introdu^ione del corpo di S. Giovanni Crisostomo 
nella Basilica Vaticana » 1 1 1 2 

V 'II. Autenticitd delle reliquie di S. Giovanni Crisostomo » 1128 
Conclusione » 1 1 37 



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